Typologie des groupes sécessionnistes/ terroristes au Mali

Le 1 juillet 2012, Dans Terrorisme, Par Caludia Togbe

Etat des lieux La rébellion touareg au nord Mali exacerbée en février 2012 par le retour de milliers de Touaregs de Libye, et plus récemment par le coup d’état au Mali a eu d’énormes répercussions tant sur la population, sur la gouvernance politique malienne, que sur la stabilité et donc la sécurité. Sur la population, […]

Etat des lieux
La rébellion touareg au nord Mali exacerbée en février 2012 par le retour de milliers de Touaregs de Libye, et plus récemment par le coup d’état au Mali a eu d’énormes répercussions tant sur la population, sur la gouvernance politique malienne, que sur la stabilité et donc la sécurité.
Sur la population, l’impact est essentiellement d’ordre social, mais aussi économique. Avec la présence de groupes islamiques radicaux au Mali, ce sont toutes les habitudes des Maliens qui sont réduites aux ordres des intégristes. Des habitudes alimentaires, vestimentaires, à la fréquentation de bars et restaurants, en passant par les libertés individuelles et collectives, tout semble être désormais réglé au bon vouloir des islamistes radicaux.
Sur la gouvernance politique également, la situation est davantage préoccupante. Un gouvernement intérimaire est certes mis en place, en attendant l’organisation d’élections dans moins d’une année, mais en réalité, ce gouvernement est loin de détenir l’effectivité du pouvoir militaire. Il n’a pas non plus les coudées franches pour garantir à ses citoyens la sécurité, l’intégrité territoriale étant déjà mise à mal par divers groupes séparatistes dans la partie septentrionale du pays.
L’aspect sécuritaire est quant à lui l’un des problèmes les plus épineux, d’autant plus qu’en dehors de la présence d’Aqmi,  Al Qaida au Maghreb Islamique, et du MNLA, le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad, d’autres groupes se sont infiltrés dans des régions comme Tombouctou, Gao et Kidal. Il s’agit essentiellement des groupes Ansardine, Mujao et Boko Haram, qui lui, avait limité ses actions jusqu’à présent sur le territoire nigérian.
Force de nuisance

Le déroulement des faits a montré à maintes reprises que si le MNLA n’était pas forcément un groupe terroriste, contrairement à ce que s’efforcent de démontrer certains responsables de l’Union Africaine, il n’en demeure pas moins qu’il a mené des attaques contre le gouvernement central au Mali, au point d’inciter des groupes de populations à protester contre leur présence. L’objectif du MNLA est d’obtenir l’indépendance de l’Azawad, le territoire situé dans le nord du Mali.

•    MNLA : Mouvement Touareg en activité depuis des décennies, pour l’indépendance de l’Azawad
•    Zone d’intervention : nord-Mali
•    Chef de file : difficile à dire, le groupe étant enclin à des divisions de plusieurs ordres
•    Statut : actif, mais maîtrisable

Les actions néfastes d’Ansardine et d’Aqmi ne sont évidemment plus à démontrer. Ils font juste partie du projet d’Al Qaida d’implanter un réseau dans cette partie du monde, une poche fertile de l’Afrique de l’ouest, stratégique à plusieurs égards, compte tenu de sa fragilité et de son instabilité. Aqmi a en dehors de l’instabilité du gouvernement central malien, d’autres cordes à son arc dans la région, à savoir les prises d’otage, les trafics et la contrebande.
Iyad Ag Ghali est l’un des cerveaux de cette implantation de groupe salafiste dans le désert malien, mais est également un ancien leader de la rébellion Touareg de 1990. Son principal objectif, c’est d’imposer la charia sur tout le territoire malien.
•    Ansardine : “défenseurs ou supporters” de la religion ou croyance musulmane.
•    Zone d’intervention : nord Mali
•    Chef de file : Iyad Ag Ghali
•    Statut : actif, dangereux
Ansar dine, Ancar dine, ou encore Ançar Dine, est en effet le premier groupe salafiste rebelle à être actif à Abeibara, au nord de la ville de Kidal, dès Octobre 2011. Les membres du groupe se réclament d’être les “défenseurs ou supporters” de la religion ou croyance musulmane. On parle en réalité de “Ansar al-dine”, et le groupe faisait partie d’autres forces qui combattaient l’armée malienne en mars 2012, à Aguelhoc et à Tessalit.
C’est ainsi que le leader Cheikh Ag Aoussa du groupe formé entre autres par le secrétariat de ADC (Alliance Démocratique du 23 mai pour le Changement) pour les Relations Internationales avait annoncé la volonté du groupe de se battre pour l’instauration de la charia au Mali. « Nous sommes le groupe Ançar Dine, nous combattons sous le commandement du Cheikh Iyad Ag Ghaly, nous nous considérons comme une partie de la société malienne musulmane ».
Le Mujao est le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad  en Afrique de l’Ouest. Le groupe islamiste armé est présent dans le nord du  Mali, mais aussi dans des pays de la sous-région, dont certains natifs en seraient membres. Sa politique est en grande partie anti-algérienne, avec à son actif des enlèvements d’étrangers dans le pays, de diplomates algériens sur le territoire malien, etc. le mouvement en définitive, a une origine et des contours encore mal cernés, ce qui est davantage inquiétant.

•    Mujao : Mouvement pour l’Unicité et le Jihad  en Afrique de l’Ouest.
•    Zone d’intervention : nord Mali et Algérie
•    Chef de file : Abou Gaâgaâ, d’oringine mauritanienne
•    Statut : actif, dangereux

Il serait formé par un conglomérat de djihadistes, étrangers aux communautés ethniques présentes dans le Nord Mali.  Il y a donc de fortes raisons de penser qu’il s’agirait d’une machine de guerre constituée dans le Sahel, chargée d’opérer en particulier contre l’Algérie, comme le prouvent d’ailleurs les faits revendiqués par le groupe djihadiste.
Boko Haram enfin, est un groupe islamique radical également, implanté au Nigeria, avec comme objectif l’imposition de la charia dans tout le nord du Nigeria. Le groupe est néanmoins instrumentalisé par les hommes politiques nigérians, aux fins de règlements de comptes entre adversaires politiques, ou trafics de produits prohibés.

•    Boko Haram : « l’éducation occidentale est un péché
•    Zone d’intervention : Nigeria, Mali
•    Chef de file : difficile à identifier, depuis le décès du fondateur du groupe, il y a plutôt des porte-parole
•    Statut : actif, dangereux

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