Sort de Kadhafi : de la révolution en Libye à une recrudescence de la circulation des armes en Afrique

Le 26 octobre 2011, Dans Politique, Par Caludia Togbe

(Préface des conséquences de la révolution en Libye) Sans pour autant faire pièce à la situation, « l’élimination » du guide libyen a beau être applaudie par la communauté internationale, elle ne représente en réalité qu’un imbroglio de conséquences loin d’être heureuses pour le continent africain. Premiers questionnements. Deux situations qui de visu, n’ont absolument aucun lien […]

(Préface des conséquences de la révolution en Libye)

Sans pour autant faire pièce à la situation, « l’élimination » du guide libyen a beau être applaudie par la communauté internationale, elle ne représente en réalité qu’un imbroglio de conséquences loin d’être heureuses pour le continent africain. Premiers questionnements.

Deux situations qui de visu, n’ont absolument aucun lien vraisemblable, sinon celui de se dérouler tous les deux sur le même continent. Et pourtant…

Le premier, l’enlèvement samedi 22 octobre 2011, à Tindouf, au sud-ouest de l’Algérie, de trois humanitaires européens, deux espagnols et une italienne. Un enlèvement non revendiqué depuis lors, facilitant les spéculations sur la sempiternelle question du terrorisme en Afrique et en particulier en Afrique du nord. Certes, le Front Polisario a dès lors émis des accusations de déstabilisation du peuple sahraoui, déjà en proie à une situation humanitaire déplorable, contre Aqmi. D’autres ont certainement dans leur champ de vision, la horde de touaregs présents sur le territoire malien, depuis l’instabilité de la Libye.

Et le deuxième, la fureur de Belmokhtar, plus connu sous son nom de guerre «Khaled Abou Al-Abbès», communément appelé «MBM», l’émir pour la zone Sahel d’Aqmi. Eh oui, mettre la main sur certains éléments perturbateurs peut être source d’aboutissements favorables à des problématiques du cercle vicieux de la nébuleuse Al Qaida. Les déclarations d’un membre du groupe MBM capturé récemment, donnent une idée de la position du leader, qui se trouverait au Mali, dans la région de «Tagherghar». MBM s’était intéressé aux armes françaises dès l’annonce d’un largage conséquent en faveur des rebelles libyens. Ses sources d’informations étaient si précises et fiables que visiblement, il aurait été au courant de l’endroit du largage d’armes en Libye. Et pour cause, un reporter du New York Times, en couverture en Libye, juste après la chute de Tripoli, rapportait que les rebelles du djebel Nefoussa, pour lesquels le président Sarkozy avait largué un important parachutage d’armes, n’ont en fait, jamais accusé réception de cet arsenal de guerre. Des rebelles de Benghazi, Darna, Sehba et Misrata affirment n’avoir pas été en possession de l’arsenal promis par Paris à une période précise, et spéculaient que des marchands d’armes l’auraient certainement acheminé vers le sud pour les vendre aux Toubous, lesquels l’achemineraient à leur tour vers le Darfour, le Niger, le Mali et le Tchad.

Quoiqu’il en soit, suite aux investigations menées depuis l’enlèvement des otages, il ressort que MBM et ses hommes avaient à leur disposition un imposant arsenal de guerre de fabrication française, le long du couloir allant de Kidal à Tessalit, depuis la chute du régime libyen. Curieuse coïncidence. L’auteur du rapt des trois humanitaires des camps de Tindouf pour le moment, s’il paraît être identifié, n’a tout de même pas encore revendiqué les faits. Prudence oblige, le temps est le seul recours pour avoir une idée plus nette des évolutions de cet épisode lugubre du continent.

Le « price tag » du déboulonnement du colonel Kadhafi ne fait que commencer.

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