La fin de non-recevoir du Niger à la « notice rouge » d’interpole

Le 5 octobre 2011, Dans Décryptage, Par Caludia Togbe

5 octobre 2011 Après des décennies ponctuées de coups d’Etat militaire, de rébellion des touaregs, de crises alimentaires dues à des périodes de sécheresse accrues, mais aussi de relative accalmie, le Niger a fini par amorcer une période de stabilité démocratique. C’est dans un climat de renaissance de cet Etat démocratique que déjà, bien de […]

5 octobre 2011

Après des décennies ponctuées de coups d’Etat militaire, de rébellion des touaregs, de crises alimentaires dues à des périodes de sécheresse accrues, mais aussi de relative accalmie, le Niger a fini par amorcer une période de stabilité démocratique. C’est dans un climat de renaissance de cet Etat démocratique que déjà, bien de défis se présentent. La présence du fils de l’ex-président libyen Saadi Kadhafi au Niger et le refus des autorités nigériennes de l’extrader, repositionnent le pays sous les feux de la rampe.

Avec la transition démocratique brillamment menée par le militaire Salou Djibo en février 2010, c’est toute la classe politique et sociale nigérienne qui renaît. Et ceci, après un chaos institutionnel orchestré par l’ex président Mamadou Tandja qui menait toutes les actions inattendues mais nécessaires pour lui, dans l’optique de se maintenir au pouvoir. Le Niger peut à nouveau prendre à bras-le corps les réelles préoccupations de son peuple. Sans pour autant occulter le fait qu’il lui faut redorer son blason sur la scène internationale. Plus que jamais, sa politique étrangère doit suivre une matrice déterminante, respectant des enjeux incontournables tels que le terrorisme avec son lot de réalités diablement complexes.

Elle est d’ailleurs à l’épreuve, depuis la présence de l’un des fils du Colonel Kadhafi au Niger. Alors que l’organisation policière internationale Interpol a annoncé jeudi avoir émis une « notice rouge » pour demander à ses 188 pays membres l’arrestation de Saadi Kadhafi, à la demande du Conseil National de Transition, l’accusant de s’être emparé de biens par la force et l’intimidation quand il dirigeait la fédération libyenne de football, le gouvernement nigérien réitère à nouveau son refus d’effectuer l’extradition. Plusieurs raisons peuvent être à l’origine de cette décision de Niamey. Premièrement, il se peut que ce soit une manière de faire comprendre que le gouvernement nigérien est un Etat indépendant, et que ce faisant, il est tout à fait libre de prendre ce genre d’engagement ou non, de façon délibérée, autonome. Il peut donc s’agir de l’un des points majeurs de la politique étrangère du nouveau gouvernement démocratiquement élu. Se refaire une place de choix au sein du concert des nations. Cela passerait alors par le refus catégorique de la « politique de l’autruche ». Ce peut aussi être lié à l’armature normative du Niger. Selon la Constitution et les textes en vigueur, quel est le système en place pour solutionner un tel état de chose ? C’est important d’en avoir une idée pour comprendre la réaction des autorités du pays. A preuve, les autorités nigériennes sont aptes pour une extradition, mais à condition que cela passe par un accord en bonne et due forme entre les deux pays. Deuxièmement, il peut être question tout simplement de porter assistance à un « réfugié politique », compte tenu de la situation actuelle en Libye, alors que le Colonel Kadhafi fait face à un désenchantement sans précédent. Livrer l’un de ses fils ayant pourtant activement participé à la répression de manifestants durant la révolte, ferait éventuellement du Niger, un complice de ce qui pourrait advenir de lui, une fois aux prises des responsables de la transition libyenne. Mais en fait, au regard de la position du pays face à la demande d’Interpol, la question se pose de savoir si le Niger est en faveur d’une éviction de Kadhafi ou non?

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