Capture et mort de Kadhafi : vérité ou intox ?

Le 20 octobre 2011, Dans Décryptage, Par Caludia Togbe

20 octobre 2011. Fin d’après-midi. En Libye, les révolutionnaires armés poursuivent leur avancée difficile à Syrte. Plusieurs pertes en vies humaines y ont déjà été enregistrées. Puis on apprend la capture du guide libyen. Des images et vidéos circulent de par le monde. Sur l’annonce de la capture du colonel Kadhafi, il faut être prudent […]

20 octobre 2011. Fin d’après-midi. En Libye, les révolutionnaires armés poursuivent leur avancée difficile à Syrte. Plusieurs pertes en vies humaines y ont déjà été enregistrées. Puis on apprend la capture du guide libyen. Des images et vidéos circulent de par le monde.

Sur l’annonce de la capture du colonel Kadhafi, il faut être prudent en tout état de cause. Il n’est pas exclut que les images auxquelles l’on a accès soient celles d’un sosie du guide libyen comme le miroir de l’histoire l’enseigne sur le cas de Saddam Hussein, avant sa véritable capture et son jugement.

Néanmoins, nolens volens, il ya des points majeurs à souligner et dont peuvent se prévaloir les combattants du CNT. En premier lieu, la symbolique du lieu de la traque. Syrte, considérée comme étant le dernier bastion du colonel Kadhafi, depuis la prise de Tripoli par les rebelles du CNT et par la même, représentant sa ville natale. Le guide aurait alors succombé à ses blessures après que son convoi, fuyant Syrte, a été atteint par un bombardement de l’Otan.

Deuxième élément, cette même ville a été le théâtre de la plus farouche bataille de cette guerre, avec une forte implication des habitants de la ville, combattant aux côtés des milices kadhafistes. Les forces pro-CNT y ont par ailleurs enregistré de lourdes pertes en vies humaines, sur plusieurs jours. Dans la même veine, l’allégresse observée au sein du peuple à Tripoli n’a pas eu pareil écho à Syrte lors de l’entrée des rebelles sur ce territoire.

Troisième carte majeure, le guide libyen avait laissé entendre qu’il n’était pas question pour lui de quitter le pays auquel il était manifestement attaché. Mais l’autre indicateur, c’est tout de même le retour vers le Mali, de plusieurs centaines de touaregs armés, ayant servi dans le bataillon du colonel, alors que les forces du CNT gagnaient du terrain dans leur dernier retranchement. Il ne s’agit certes pas de reconnaissance de défaite, mais elle était pour le moins que l’on puisse dire, imminente.

Lorsqu’on additionne tout ceci, on obtient la situation actuelle : victoire proclamée du CNT à Syrte, présence de « la dépouille du guide », avec à ses côtés celles de ceux qui se sont battus pour le protéger jusqu’au dernier moment et surtout, une autre présence sans vie : celle de son fils, Moutassim Kadhafi.

 

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