Boko Haram…contre le terrorisme?

Le 18 novembre 2011, Dans Terrorisme, Par Caludia Togbe

     Boko Haram en Algérie pour le Forum global de la lutte contre le terrorisme (Fgct) organisé les 16 et 17     novembre 2011.      Trois schémas politiques pour comprendre les raisons pour lesquelles le groupe a pris l’initiative de s’inviter à y participer. * 1er schéma, c’est une tribune, une agora de haut niveau à […]

     Boko Haram en Algérie pour le Forum global de la lutte contre le terrorisme (Fgct) organisé les 16 et 17     novembre 2011.

     Trois schémas politiques pour comprendre les raisons pour lesquelles le groupe a pris l’initiative de s’inviter à y participer.

* 1er schéma, c’est une tribune, une agora de haut niveau à laquelle participer peut conférer une certaine    importance au statut du groupe. Cette thèse aurait pu correspondre à la perfection à un autre groupe tel que celui des Ogoni au Nigeria, qui ont recherché pendant des années les moyens de faire comprendre à la Communauté internationale leurs conditions de vie précaires, ainsi que leurs revendications sur un territoire gorgé de pétrole. Mais ceci, réalisé de façon pacifique.

Néanmoins, pour un groupe comme Boko Haram qui utilise la violence à souhait et de façon recrudescente, c’est une hypothèse quelque peu singulière.

*2ème schéma, le groupe islamiste s’est invité aux échanges pour d’une part, obtenir une certaine « légitimité de participer », ce qui lui permet d’autre part, d’avoir une idée des grandes lignes de discussion. Il conviendrait alors à parler d’une stratégie d’espionnage qui ne dit pas son nom.

* 3ème schéma, après le passage du Chef de la diplomatie française au Nigeria il y a quelques jours et l’intérêt croissant des Etats-Unis d’Amérique sur la problématique du terrorisme en Afrique de l’ouest –en raison de la préservation de leurs intérêts entre autres pétroliers-, le groupe islamiste fait face à deux solutions :

– la première, abandonner sa lutte dans les délais les plus raisonnables, parce que à l’horizon, ils pourraient ne plus bénéficier de l’accompagnement financier, matériel et humain d’Aqmi, vu la traque que ces derniers eux-mêmes subissent dans le Sahel depuis peu de la part des Touaregs ex pro Kadhafi. Ainsi, ils pourraient se retrouver pris dans un étau entre les forces de sécurité nigérianes et celles d’une Communauté internationale exaspérée par leur propension grandissante à semer la terreur.

– la deuxième, en raison de la politique systématique des autorités d’Abuja de suppression de toute velléité terroriste, politique excluant la prise en compte de revendications sociales (ayant poussé initialement le groupe à prendre les armes), Boko Haram serait plus porté vers des interlocuteurs à l’externe, pour une médiation, éventuellement conditionnée.

L’avantage ici serait triple, pour faire cesser la violence et la terreur au Nigeria, puis éviter par la même des débordements hors des frontières.

Tout d’abord, les parties présentes aux discussions seraient portées vers des négociations entre le gouvernement de Goodluck Jonathan et le mouvement islamiste, si ce dernier était prêt à déposer les armes.

Ensuite, il y a force à penser qu’en faisant qu’en faisant la démarche vers ledit forum en Algérie, Boko Haram dispose d’une hiérarchie de plus en plus constituée, disposée à négocier. C’était en effet jusqu’à une date récente, une gageure pour les autorités nigérianes, de négocier une entente avec un groupe armé dépourvu de cohérence dans sa représentativité.

Et enfin, la présence de « médiateurs »  étrangers aurait comme effet pour Boko Haram, d’avoir une certaine garantie dans l’applicabilité des conditions de la négociation. Des pressions pourraient ainsi être faites sur le gouvernement central, pour accorder au mouvement islamiste, une considération et une mise en œuvre des accords sur lesquels ces probables ententes se seraient scellées.

 

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