« Contre l’imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l’avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses. »

Le 24 juillet 2012, Dans Décryptage, Ils ont dit..., Par Caludia Togbe

« Contre l’imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l’avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses. » (Condition de l’homme moderne (1961), Hannah Arendt) La situation de plusieurs pays africains révèle un réel malaise tant social, économique, que politique. Il est d’ordre politique au Togo, au point où […]

« Contre l’imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l’avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses. »
(Condition de l’homme moderne (1961), Hannah Arendt)

La situation de plusieurs pays africains révèle un réel malaise tant social, économique, que politique. Il est d’ordre politique au Togo, au point où l’on assiste à une irruption de forces de l’ordre dans le domicile d’hommes politiques dénonçant la mauvaise gouvernance, à quelques semaines de la tenue d’élections. Les accusations vont de la violation de lois aux persécutions d’adversaires politiques, en passant par l’utilisation arbitraire de la force militaire.

La situation politique au Mali est encore moins reluisante, puisqu’elle révèle une imbrication de crises, tant au niveau du gouvernement, qu’au niveau des militaires, pour enfin créer des ruptures entre différentes forces politiques.
Il est d’ordre social au Zimbabwe, et est si profond avec les violations de droits de l’homme et autres mesures allant à l’encontre de la société, que l’Union Européenne s’est vue dans l’obligation d’intervenir, sans pour autant que cela ne change quoique ce soit. Il est également d’ordre social dans le Sahel, avec la crise alimentaire chronique qui y sévit.

L’aspect humanitaire n’est pas non plus épargné, notamment au nord Mali, où des violations flagrantes des droits de l’homme sont constatées depuis la tenue du coup d’Etat en  mars, et le règne des islamistes radicaux dans la partie septentrionale du pays. Les coûts sont également de nature culturelle, avec la destruction de trésors historiques, tels que les mausolées et autres composantes du patrimoine culturel malien.

Les signes sont de plus en plus inquiétants, et font pièce aux mesures de prudence que d’aucuns appellent de leurs vœux, puisqu’ en définitive, ce sont les plus faibles, les populations, qui trinquent et subissent les conséquences les plus désastreuses des crises.
De surcroît, les promesses d’avant-élection des candidats, liées à l’égalité de chance et de réconciliation, à l’amélioration de la situation des étudiants, et travailleurs, à la réalisation d’une révolution verte, à la construction d’infrastructures…ont laissé place à des discours creux.

Les hommes politiques africains ont l’art de composer et de préparer à la perfection leurs prises de parole et de jouer de la même manière avec la sensibilité des peuples qu’ils sont censés représenter.  C’est pourquoi les mêmes profils d’hommes politiques avides du pouvoir et de leurs intérêts personnels ne cesseront d’être élus. La grande majorité des populations tombe toujours dans leurs pièges et leur renouvelle à tous les coups sa confiance. Leurs préférences du moment, d’après-élections, ce sont les discours de louange, et la louange de leurs propres discours.
« En cette solennelle occasion, je me félicite de la bonne qualité de la coopération multidimensionnelle unissant la Chine et l’Afrique depuis plusieurs décennies. En effet, la présence chinoise en Afrique est marquée par de nombreuses réalisations et d’importants investissements économiques, socio-administratifs et culturels. C’est le lieu de rendre un vibrant hommage à la Chine, à son peuple et à ses leaders, au nom de l’Afrique tout entière pour le beau et magnifique nouveau siège de la Commission de l’Union Africaine et le Centre de Conférence qui vient d’ailleurs d’abriter le 19ème Sommet Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de notre organisation continentale. » Président en exercice de l’Union Africaine, à l’occasion de la 5ème  Conférence ministérielle du forum sur la coopération Afrique-chine (focac) (Pékin, Chine 18-19 Juillet 2012).
Au-delà des formules diplomatiques de courtoisie à l’égard des retombées de la coopération, il ne devrait y avoir là aucune matière à se féliciter. De quelle qualité la coopération sino-africaine peut-elle se vêtir ? La présence chinoise en Afrique est marquée par de nombreuses réalisations, mais qu’en est-il de la présence africaine en Chine ? D’autant plus que la comparaison se fait ici entre un pays et un continent. C’est assez étonnant de se rendre compte que des dirigeants se félicitent du fait que la Chine offre à tout un continent, le bâtiment qui abrite la Commission de l’organisation continentale et il est ici question d’un continent composé d’une cinquantaine de pays.
Il est primordial que les dirigeants africains aient à l’esprit que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Et sur la Chine, il suffit de prêter oreille à l’opinion des Chinois sur les Africains, pour s’en rendre compte. La coopération sino africaine est peut-être reluisante aux yeux des dirigeants africains, mais en réalité, elle est pleine d’incertitude et d’imprévisibilité. La Chine est à la conquête du monde, et à l’étape actuelle, elle ne fait que jouer des pions, acheter la sympathie des pays africains, endormir leurs dirigeants et peuples, pour mieux les supplanter au moment opportun.

Ces Etats pirates qui tuent l’Afrique

Le 6 juillet 2012, Dans Décryptage, Terrorisme, Par Caludia Togbe

Contours de la notion de « pirate» Le mot « pirate » provient à la fois du terme grec πειρατής (peiratês), dérivé du verbe πειράω (peiraô) signifiant « s’efforcer de », « essayer de », tenter sa chance à l’aventure et du latin pirata : celui qui tente la fortune, « qui est entreprenant ». […]

Contours de la notion de « pirate»
Le mot « pirate » provient à la fois du terme grec πειρατής (peiratês), dérivé du verbe πειράω (peiraô) signifiant « s’efforcer de », « essayer de », tenter sa chance à l’aventure et du latin pirata : celui qui tente la fortune, « qui est entreprenant ».
Considérant la compréhension du mot par ceux qui s’adonnent à la piraterie, notamment dans la corne de l’Afrique ou dans le Golfe de Guinée, il serait presque envisageable d’ironiser sur l’étymologie de la notion, en considérant que être pirate, c’est être entreprenant, c’est s’efforcer, malgré le chômage dans son pays d’origine, de faire quelque chose, de mener une activité pour sa propre survie et celle de sa famille. Parce que ce qu’il ne faudrait pas perdre de vue, c’est que en dehors de la haute mer, qui est un espace international, les côtes constituent un élément vital pour les populations des pays concernés. Il est donc probable qu’ils sentent une menace les guetter, à partir du moment où des étrangers sillonnent leurs eaux, soit pour du tourisme, et en ce moment, ils en profitent pour les dévaliser, au nom du sens du mot « tenter sa chance à l’aventure », soit pour la pêche, au nom de contrats fallacieux signés par les gouvernements de pays pauvres, permettant aux pays développés d’exploiter les ressources halieutiques.
Considérant par contre la compréhension du mot « pirate » par la majorité des Etats développés, il s’agit de personnes qui s’adonnent à une forme de banditisme en haute mer. De surcroît, le fait de prendre en otage des nationaux de ces Etats, ou d’ôter la vie à certains d’entre eux, constitue un préjudice définit par le droit international. Ainsi donc, piller les navires en haute mer, bloquer les routes commerciales ou mettre en danger les communications maritimes était considéré par les états souverains comme étant hosti humanis generis, ou crimes contre l’humanité.
Le droit international et ses limites quant à la notion
Les articles 100 à 108 de la Convention des Nations Unies sur le droit à la mer sur la piraterie stipulent entre autres:
•    Article 100 : Obligation de coopérer à la répression de la piraterie
Tous les États coopèrent dans toute la mesure du possible à la répression de la piraterie en haute mer ou en tout autre lieu ne relevant de la juridiction d’aucun État.
•    Article 101 : Propriété de la piraterie
On entend par piraterie l’un quelconque des actes suivants :
•    tout acte illicite de violence ou de détention ou toute déprédation commis par l’équipage ou des passagers d’un navire ou d’un aéronef privé, agissant à des fins privées, et dirigé :
o    contre un autre navire ou aéronef, ou contre des personnes ou des biens à leur bord, en haute mer,
o    contre un navire ou aéronef, des personnes ou des biens, dans un lieu ne relevant de la juridiction d’aucun État ;
•    tout acte de participation volontaire à l’utilisation d’un navire ou d’un aéronef, lorsque son auteur a connaissance de faits dont il découle que ce navire ou aéronef est un navire ou aéronef pirate ;
•    tout acte ayant pour but d’inciter à commettre les actes définis aux lettres a) ou b), ou commis dans l’intention de les faciliter.
Tout ce canevas encadre en effet le fait illicite commis par des pirates en haute mer, mais au final qu’en est-il des raisons qui ont entraîné ces manifestations de violence de la part de ces jeunes pêcheurs et/ou jeunes convertis au piratage ? L’article 101 de la Convention définit comme « piraterie », « tout acte illicite de violence…ou de déprédation commis par l’équipage…d’un navire privé ». Cette restriction prouve à plusieurs degrés l’origine de la rédaction de ces textes, et l’incapacité des jeunes « pirates » de se défendre contre des actes qu’ils ont été naturellement poussés à commettre. L’aspect de la définition évoque la déprédation, qui est par ailleurs un dégât causé au milieu naturel, une dégradation volontaire des biens d’autrui ou de la collectivité. Définition intéressante, qui est juste limitée à la responsabilisation d’individus agissant en tant que personnes privées ou groupe.
Responsabilité des puissances
Comment aurait-on en effet pu condamner ou engager la responsabilité d’un Etat qui se rendrait coupable de déprédation ? Tout compte fait, cette Convention n’aurait en aucun cas aidé à y aboutir. Or l’Union Européenne s’est maintes fois, et ceci ne constitue qu’un cas isolé, d’autres Etats développés s’étant donnés à la même pratique,  rendue coupable de cet acte, en dégradant le milieu naturel des Etats côtiers en Afrique de l’est et australe notamment. D’ailleurs ces derniers ont si peu de moyens et sont si instables qu’ils n’auraient rien pu faire ni même rien constaté.
La dégradation vient également, en dehors du profit manifestement abusé, du fait de l’exploitation abusive et évidemment consciente, volontaire. Un ambitieux projet de réforme censé rendre la pêche européenne plus respectueuse de l’environnement devait avoir lieu en 2014 certes. Mais les derniers actes de déprédation de l’organisation à Madagascar et l’aveu de la commissaire à la Pêche Maria Damanaki, en donent le ton alambiqué. Cette dernière appelle régulièrement les Etats à oser de « vrais changements par rapport au passé », puisque le statu quo conduira à l’épuisement des ressources, que les pêcheurs européens sont aujourd’hui contraints d’aller chercher de plus en plus loin, aux quatre coins du globe.
Pendant que ces pêcheurs sont contraints donc d’aller chercher aux quatre coins du globe les ressources qui sont indispensables à leur vie, leur commerce, avec les moyens les plus sophistiqués, les pêcheurs africains munis de leurs barques, sont de plus en plus contraints eux de lutter pour leur survie. La question est celle de savoir pourquoi le droit international ne condamne que les seconds acteurs, autorisant les premiers à continuer de menacer l’espace vital des pêcheurs africains. Pourtant, il n’est plus à démontrer l’attachement des pays développés à leurs citoyens, et mieux, à leur territoire.
Une chose est unanime pour tous, c’est que la piraterie est fortement condamnable. C’est aussi l’avis des pays africains, prêts à juger les leurs en cas de responsabilité de pirates présumés.
C’est le cas de Maurice, qui a même signé avec l’Union européenne en juin 2011, un accord qui stipule qu’elle accepte de juger sur son sol les pirates présumés qui opèrent dans la zone de l’océan Indien.
Le financement de la construction de l’infrastructure nécessaire pour le projet provient de l’Union européenne. Le personnel chargé des investigations a reçu la formation appropriée, etc. C’est une drôle de coïncidence. D’autres pays ont pris le parti d’extrader les présumés coupables d’actes de piraterie.
L’Union européenne, où 80% des stocks de poissons recensés sont surexploités, est un des acteurs-clés de la surpêche. L’UE exporte également dans le monde entier des techniques de pêche subventionnées, et ceci dure depuis des décennies, au grand dam de la « communauté » internationale. L’UE exploite de plus en plus les côtes africaines, paie de moins en moins les Etats concernés, et appauvrit dans un double sens ces pays, et leurs citoyens, e l’occurrence ceux qui sont pêcheurs. Ces actes, à qui revient-il de les condamner, et sur la base de quel support juridique ? Puisque définitivement, ceux qui sont les rédacteurs de ce genre de texte et de restriction, ce sont encore les mêmes, soit les plus puissants. Ils sont en partie responsables des actes de piraterie et de terrorisme, et devraient être responsables au regard du droit international, de dommages directs et collatéraux.

Quand les dirigeants africains réclament une place au Conseil de sécurité onusien

Le 4 juillet 2012, Dans Ils ont dit..., Par Caludia Togbe

« Les cinq membres (permanents) du Conseil de sécurité, lorsqu’ils se réunissent, à l’ouverture du NY forum Africa à Libreville, ont un ordre du jour constitué à 90 % par des questions africaines, alors que l’Afrique n’est pas présente lors de ces débats. Il faut mettre un terme à cela », a affirmé M. Boni […]

« Les cinq membres (permanents) du Conseil de sécurité, lorsqu’ils se réunissent, à l’ouverture du NY forum Africa à Libreville, ont un ordre du jour constitué à 90 % par des questions africaines, alors que l’Afrique n’est pas présente lors de ces débats. Il faut mettre un terme à cela », a affirmé M. Boni Yayi, lors de l’ouverture du NY forum Africa à Libreville. Ledit forum réunissait un millier de participants de 50 pays différents pour réfléchir au développement du continent africain.

Pourtant, l’ordre du jour, c’était bien le développement du continent africain. Il est censé se faire entre membres du Conseil de sécurité pour que l’on y réclame la place de l’Afrique?

Si les dirigeants africains n’ont toujours pas intégré le fait que le continent a intérêt à prendre en main sa destinée, alors c’est que définitivement, ils refusent, eux dirigeants, le développement du continent noir.
Que l’Afrique ou un pays africain dispose ou non d’un siège au Conseil de sécurité, là n’est pas la  question. Il ne s’agit pas non plus de « la solution miracle » qui rendrait l’Afrique développée et riche, ou moins livrée à des tensions et conflits.
D’ailleurs s’il s’avère qu’effectivement, les questions débattues par les cinq membres permanents sont à 90% celles relatives à l’Afrique, c’est que définitivement, il se pose un réel problème, et que les Africains ont du mal à résoudre leurs problèmes. Et donc comme bien des fois, en Angola, en Sierra Leone ou même plus récemment en Côte d’Ivoire, il est indispensable de faire appel aux sapeurs pompiers de la société internationale, qui par ailleurs sont lesdits membres du Conseil de sécurité de l’ONU, mais aussi le bras financier des opérations de maintien de la paix. A quoi serviraient donc des pays africains qui déjà ont du mal à payer l’infime cotisation qui leur est demandée en tant que membres des Nations Unies ?

A quoi serviraient au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, des pays dont les institutions régionales ont du mal à fonctionner ? Ou mieux, se livrent à des contradictions et combines de tout genre ? Si une place devait être octroyée au Conseil de sécurité sur le mérite, les pays africains ne seraient pas dans la toute première sélection, à l’instar de la manière dont les écureuils participent aux compétitions mondiales.
Pourquoi cette obsession à faire montre de déterminations creuses ou de discours passionnés sonnant pourtant tellement faux pour des sujets qui ne sont pas des plus essentiels ?

Une réforme est nécessaire certes, mais les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ne s’y sont pas retrouvés au départ, en tant que pays les plus accablés par des crises tensions et instabilités. Il s’agit de pays dont la politique suit une idéologie donnée, des pays qui tiennent au respect des peuples, à l’intérêt national, au suivi des décisions prises, à l’égalité dans le traitement des citoyens et non à la promotion de la médiocrité, et au respect des promesses. Ces pays ne passent pas le clair de leur temps à émettre des discours contemplatifs à l’égard de leurs propres « mérites » ou « succès ». Rarement ils se livreront à la louange de leurs discours, ou à des discours de louange du chef de l’Etat. Il s’agit enfin de pays qui n’ont pas fait l’option du désordre comme choix politique.

Les décisions des puissances montrent d’ailleurs clairement que si l’Afrique se situent dans leur agenda, c’est en terme d’intérêt économique. Au point que l’on a assisté à l’incitation à la violence, ou à l’inertie de ces Etats, pendant que des crimes sont perpétrés dans des pays africains. La résolution du système de conflit en Afrique de l’ouest avec au départ comme pays en crise le Liberia et la Sierra Leone n’a-t-elle pas été mise en échec par la lenteur de l’organisation universelle et la pro activité de la CEDEAO en dépit de la faiblesse de ses moyens ?

Le vrai travail au final se situe au sein des institutions régionales de l’Afrique, et de l’organisation continentale. Une fois qu’elles auront constitué de véritables pôles de pouvoir économiques et politiques, le jeu se fera de lui-même.

Typologie des groupes sécessionnistes/ terroristes au Mali

Le 1 juillet 2012, Dans Terrorisme, Par Caludia Togbe

Etat des lieux La rébellion touareg au nord Mali exacerbée en février 2012 par le retour de milliers de Touaregs de Libye, et plus récemment par le coup d’état au Mali a eu d’énormes répercussions tant sur la population, sur la gouvernance politique malienne, que sur la stabilité et donc la sécurité. Sur la population, […]

Etat des lieux
La rébellion touareg au nord Mali exacerbée en février 2012 par le retour de milliers de Touaregs de Libye, et plus récemment par le coup d’état au Mali a eu d’énormes répercussions tant sur la population, sur la gouvernance politique malienne, que sur la stabilité et donc la sécurité.
Sur la population, l’impact est essentiellement d’ordre social, mais aussi économique. Avec la présence de groupes islamiques radicaux au Mali, ce sont toutes les habitudes des Maliens qui sont réduites aux ordres des intégristes. Des habitudes alimentaires, vestimentaires, à la fréquentation de bars et restaurants, en passant par les libertés individuelles et collectives, tout semble être désormais réglé au bon vouloir des islamistes radicaux.
Sur la gouvernance politique également, la situation est davantage préoccupante. Un gouvernement intérimaire est certes mis en place, en attendant l’organisation d’élections dans moins d’une année, mais en réalité, ce gouvernement est loin de détenir l’effectivité du pouvoir militaire. Il n’a pas non plus les coudées franches pour garantir à ses citoyens la sécurité, l’intégrité territoriale étant déjà mise à mal par divers groupes séparatistes dans la partie septentrionale du pays.
L’aspect sécuritaire est quant à lui l’un des problèmes les plus épineux, d’autant plus qu’en dehors de la présence d’Aqmi,  Al Qaida au Maghreb Islamique, et du MNLA, le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad, d’autres groupes se sont infiltrés dans des régions comme Tombouctou, Gao et Kidal. Il s’agit essentiellement des groupes Ansardine, Mujao et Boko Haram, qui lui, avait limité ses actions jusqu’à présent sur le territoire nigérian.
Force de nuisance

Le déroulement des faits a montré à maintes reprises que si le MNLA n’était pas forcément un groupe terroriste, contrairement à ce que s’efforcent de démontrer certains responsables de l’Union Africaine, il n’en demeure pas moins qu’il a mené des attaques contre le gouvernement central au Mali, au point d’inciter des groupes de populations à protester contre leur présence. L’objectif du MNLA est d’obtenir l’indépendance de l’Azawad, le territoire situé dans le nord du Mali.

•    MNLA : Mouvement Touareg en activité depuis des décennies, pour l’indépendance de l’Azawad
•    Zone d’intervention : nord-Mali
•    Chef de file : difficile à dire, le groupe étant enclin à des divisions de plusieurs ordres
•    Statut : actif, mais maîtrisable

Les actions néfastes d’Ansardine et d’Aqmi ne sont évidemment plus à démontrer. Ils font juste partie du projet d’Al Qaida d’implanter un réseau dans cette partie du monde, une poche fertile de l’Afrique de l’ouest, stratégique à plusieurs égards, compte tenu de sa fragilité et de son instabilité. Aqmi a en dehors de l’instabilité du gouvernement central malien, d’autres cordes à son arc dans la région, à savoir les prises d’otage, les trafics et la contrebande.
Iyad Ag Ghali est l’un des cerveaux de cette implantation de groupe salafiste dans le désert malien, mais est également un ancien leader de la rébellion Touareg de 1990. Son principal objectif, c’est d’imposer la charia sur tout le territoire malien.
•    Ansardine : “défenseurs ou supporters” de la religion ou croyance musulmane.
•    Zone d’intervention : nord Mali
•    Chef de file : Iyad Ag Ghali
•    Statut : actif, dangereux
Ansar dine, Ancar dine, ou encore Ançar Dine, est en effet le premier groupe salafiste rebelle à être actif à Abeibara, au nord de la ville de Kidal, dès Octobre 2011. Les membres du groupe se réclament d’être les “défenseurs ou supporters” de la religion ou croyance musulmane. On parle en réalité de “Ansar al-dine”, et le groupe faisait partie d’autres forces qui combattaient l’armée malienne en mars 2012, à Aguelhoc et à Tessalit.
C’est ainsi que le leader Cheikh Ag Aoussa du groupe formé entre autres par le secrétariat de ADC (Alliance Démocratique du 23 mai pour le Changement) pour les Relations Internationales avait annoncé la volonté du groupe de se battre pour l’instauration de la charia au Mali. « Nous sommes le groupe Ançar Dine, nous combattons sous le commandement du Cheikh Iyad Ag Ghaly, nous nous considérons comme une partie de la société malienne musulmane ».
Le Mujao est le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad  en Afrique de l’Ouest. Le groupe islamiste armé est présent dans le nord du  Mali, mais aussi dans des pays de la sous-région, dont certains natifs en seraient membres. Sa politique est en grande partie anti-algérienne, avec à son actif des enlèvements d’étrangers dans le pays, de diplomates algériens sur le territoire malien, etc. le mouvement en définitive, a une origine et des contours encore mal cernés, ce qui est davantage inquiétant.

•    Mujao : Mouvement pour l’Unicité et le Jihad  en Afrique de l’Ouest.
•    Zone d’intervention : nord Mali et Algérie
•    Chef de file : Abou Gaâgaâ, d’oringine mauritanienne
•    Statut : actif, dangereux

Il serait formé par un conglomérat de djihadistes, étrangers aux communautés ethniques présentes dans le Nord Mali.  Il y a donc de fortes raisons de penser qu’il s’agirait d’une machine de guerre constituée dans le Sahel, chargée d’opérer en particulier contre l’Algérie, comme le prouvent d’ailleurs les faits revendiqués par le groupe djihadiste.
Boko Haram enfin, est un groupe islamique radical également, implanté au Nigeria, avec comme objectif l’imposition de la charia dans tout le nord du Nigeria. Le groupe est néanmoins instrumentalisé par les hommes politiques nigérians, aux fins de règlements de comptes entre adversaires politiques, ou trafics de produits prohibés.

•    Boko Haram : « l’éducation occidentale est un péché
•    Zone d’intervention : Nigeria, Mali
•    Chef de file : difficile à identifier, depuis le décès du fondateur du groupe, il y a plutôt des porte-parole
•    Statut : actif, dangereux